Placé sous la responsabilité scientifique du Centre d'Etude Spatiale des Rayonnements (CESR), il a été conçu pour l'observation optique de phénomènes transitoires détectés par satellite et dont les coordonnées célestes lui sont transmises par le réseau internet. Le pointage vers n'importe quel point du ciel est réalisé en moins de 5 secondes. Sa mission est essentiellement de répondre aux alertes d'émission de rayonnement gamma, mais il est également utilisé entre les alertes pour exécuter des programmes d'observation préalablement définis.
Tarot est dupliqué en une version Tarot-sud pour l'hémisphère sud.
Responsabilité de la DT
- Maîtrise d'oeuvre technique
- Conception mécanique : entraînements, asservissements, capteurs nécessaires aux automatismes
- Travaux d'infrastructure et installation sur le site
- Participation à la réalisation de la caméra
L'image qui précède est le résultat qui a été obtenu avec TAROT sur l'un des sursauts gamma (GRB 020531) dont la position a été transmise par le satellite HETE. Elle est extraite d'une vue de plus grande taille (2 degrés par 2 degrés) enregistrée le 31 mai 2002 à 01h55 UT (89 minutes après le sursaut et 50 secondes après sa notification) et obtenue à partir de 11 expositions de 30 secondes. La magnitude limite a été estimée à 18.
Deux faibles sources, notées A et B, ont été repérées comme n'ayant pas de contreparties dans l'atlas POSS I. Après calculs et comparaisons, il semble que la source A est probablement un astéroïde. En ce qui concerne la source B, aucun astéroïde ne correspond, elle pourrait donc être la contrepartie visuelle du sursaut gamma.
Communiqué de M.Boer (CESR/CNRS), A.Klotz (CESR/CNRS), J.L.Atteia (LAT/OMP), C.Pollas (OCA) et H.Pinna (CEMES/CNRS)

Le télescope français TAROT observe l'explosion des premières étoiles de l'Univers
- communiqué de presse - 12 septembre 2005
Le 4 septembre 2005, le satellite SWIFT de la NASA détecte un sursaut gamma. Deux minutes plus tard cette information est transmise au sol. Cinq secondes plus tard le télescope robotisé français TAROT (CNRS-INSU) installé sur le Plateau de Calern (Observatoire de la Côte d'Azur) observe, pour la première fois dans le visible et depuis le sol, la source gamma. Quelques heures plus tard, le télescope japonais Subaru de 10 m de diamètre installé sur le Mauna Kea à Hawaii obtient le spectre de cet objet. Il a un décalage vers le rouge de 6,29 et est donc situé à 12,7 milliards d'années-lumières. Les astronomes viennent d'observer "en direct" la transformation d'une étoile très massive en trou noir lorsque l'Univers avait tout juste 900 millions d'années.
Certaines étoiles, plusieurs dizaines de fois plus massives que notre Soleil, terminent leur vie en une explosion prodigieuse, les rendant pendant quelques instants des centaines de milliards de fois plus lumineuses que notre Soleil. Ces "sursauts gamma" marquent la fin d'une étoile et la naissance d'un trou noir. Ils sont détectés par des satellites comme SWIFT (NASA), HETE (NASA, CNES, RIKEN) ou INTEGRAL (ESA).
Le 4 septembre 2005, le satellite américain SWIFT de la NASA a détecté un tel événement (nommé GRB 050904) et a transmis sa position au sol en moins de deux minutes. Seulement cinq secondes plus tard, le télescope robotique français TAROT (CNRS-INSU) pointait dans la direction de la constellation des Poissons, partant à la chasse de la partie visible de cette explosion. Il détectait aussitôt une nouvelle étoile dont la luminosité décroissait rapidement. Quelques heures plus tard, le télescope japonais Subaru mesurait la distance de cet objet : avec un décalage vers le rouge de 6,29, GRB 050904 est situé à 12,7 milliards d'années-lumières, l'un des objets les plus lointains jamais détectés.
Ainsi, en quelques secondes, TAROT a enregistré et a permis d'étudier la lumière émise par une explosion qui a eu lieu alors que notre Univers était âgé de seulement 900 millions d'années, soit 7% de son âge actuel. C'est grâce à son automatisation complète que ce résultat a pu être obtenu.
L'observation de ce type d'événement permet aux astronomes de mieux comprendre la jeunesse de l'Univers puisque l'étoile qui explose illumine pendant quelques instants des régions qui sans cela demeureraient inaccessibles. Cette fenêtre d'observation ne reste malheureusement ouverte que quelques heures puisque la lumière de l'explosion décroît très rapidement, justifiant ainsi les efforts des astronomes pour construire des télescopes robotisés capables de pointer en quelques secondes en direction des sursauts gamma.
Cette observation montre que l'on peut détecter par ce moyen la première génération d'étoiles, que l'on pense être apparue lorsque l'Univers avait seulement quelques centaines de millions d'années. Ceci constituera l'un des objectifs du projet de microsatellite français ECLAIRs proposé au CNES par un consortium de laboratoires qui permettra à partir de 2009, de repousser encore la distance à laquelle on pourra détecter ce type d'explosions.
TAROT est situé sur le plateau du Calern au dessus de la ville de Grasse, site d'observation de l'Observatoire de Côte d'Azur. Cet instrument est soutenu par le CNRS et l'INSU. Il a été réalisé et exploité par l'Observatoire de Haute Provence (CNRS/OAMP), le Centre d'Etude Spatiale des Rayonnements (CNRS-OMP), le Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (CNRS/OAMP) et l'Observatoire de la Côte d'Azur avec le soutien de la Division Technique de l'INSU.
Ces informations sont confirmés par l'ESO qui a obtenu une mesure de distance équivalente avec le VLT.
|